Le citoyen, l'artiste et le politicien
Quelle fanfare que tous ces artistes outrés par les coupures. Ils ne savent plus sur quelle sonnette tirer pour sonner l'alarme et sortir de sa torpeur le pauvre citoyen frappé jusqu'à maintenant d'une perplexité inerte devant ce carnaval médiatisé. Plus le temps passe, plus l'artiste utilise ses talents et sa scène en proférant de sombres présages pour notre identité, notre âme et notre culture, condamnées à mort sur le drabe bûcher de la productivité. Pourtant, il n'y pas si longtemps l'artiste menait son chemin à l'ombre des marchés, inspiré par une conviction anticonformiste à l'antipode des valeurs politiques et économiques caractéristiques de l'état gestionnaire. Un excellent article du devoir souligne cette transition vers une soumission à l'avidité et à l'argent des subventions au dépens de la liberté.
Il faut dire que cette falsification de la liberté paie. Et à la lecture de l'article, il est tentant de critiquer le mouvement artiste pour avoir dénaturé une vocation autrefois pure et noble au profit d'une sécurité financière. Mais au fond, ce marché conclu entre les deux partis est-il si récent qu'on le croit ? Et la culture rebelle, anticonformiste et financièrement indépendente est-elle disparue, ou en passe de l'être ?
Tout d'abord, nier la relation entre l'art et l'économie c'est omettre une réalité historiquement fondamentale en société. Alexandre Dumas écrivait dans un journal en échange d'une rémunération au mot. Molière a déjà créé pour le roi. Et combien de peintres ont déjà œuvré pour l'église et son pactole. En fait cette critique est un non-sens: pourquoi au fait l'artiste devrait-il se priver d'un revenu fourni par un acheteur consentant - fut-ce le gouvernement - au cours d'une transaction basée sur un prix équitable puisque approuvé par les deux partis. C'est une liberté en soi qu'il est inconcevable de brimer au prix d'une morale ou d'une éthique arbitraires. Tous autant que nous sommes avons la liberté de choisir l'art qui nous intéresse. Ce qui nous amène à la deuxième question.
Plutôt que de critiquer d'un côté l'allocation gouvernementale à la culture ou de l'autre les artistes et leur trahison envers l'art pour le profit, pourquoi ne prendrions-nous pas la responsabilité de faire nous même le tri ?
Qu'est-ce qui nous oblige à consommer encore le douzième remake de la même télésérie diluée avec les mêmes acteurs qu'il y a quinze ans ? Pourquoi ne pas aller faire un tour sur Internet pour voir ce qui s'y trame via les nouveaux réseaux de création démocratisée ? Youtube, les blogs, Last.fm, MySpace, le web foisonne de formes d'art indépendant où chacun peut y trouver son filon et le suivre jusqu'à satiété. Bien sur, il faut faire un certain effort. Pour du tout cuit dans la bec, ingurgitez TVA. La culture de masse existera toujours sous une forme qui nivèle par le bas. C'est une condition sine qua non pour qu'elle soit rentable, c'est un principe économique. Mais n'allons pas jusqu'à décrier une corruption généralisée de l'artiste. Il y aura toujours place à un nouvel esprit créateur. Et lorsque ce dernier décidera de s'asseoir à son tour sur ses lauriers subventionnés, tournons simplement la tête vers un autre feu innovateur!
Il faut dire que cette falsification de la liberté paie. Et à la lecture de l'article, il est tentant de critiquer le mouvement artiste pour avoir dénaturé une vocation autrefois pure et noble au profit d'une sécurité financière. Mais au fond, ce marché conclu entre les deux partis est-il si récent qu'on le croit ? Et la culture rebelle, anticonformiste et financièrement indépendente est-elle disparue, ou en passe de l'être ?
Tout d'abord, nier la relation entre l'art et l'économie c'est omettre une réalité historiquement fondamentale en société. Alexandre Dumas écrivait dans un journal en échange d'une rémunération au mot. Molière a déjà créé pour le roi. Et combien de peintres ont déjà œuvré pour l'église et son pactole. En fait cette critique est un non-sens: pourquoi au fait l'artiste devrait-il se priver d'un revenu fourni par un acheteur consentant - fut-ce le gouvernement - au cours d'une transaction basée sur un prix équitable puisque approuvé par les deux partis. C'est une liberté en soi qu'il est inconcevable de brimer au prix d'une morale ou d'une éthique arbitraires. Tous autant que nous sommes avons la liberté de choisir l'art qui nous intéresse. Ce qui nous amène à la deuxième question.
Plutôt que de critiquer d'un côté l'allocation gouvernementale à la culture ou de l'autre les artistes et leur trahison envers l'art pour le profit, pourquoi ne prendrions-nous pas la responsabilité de faire nous même le tri ?
Qu'est-ce qui nous oblige à consommer encore le douzième remake de la même télésérie diluée avec les mêmes acteurs qu'il y a quinze ans ? Pourquoi ne pas aller faire un tour sur Internet pour voir ce qui s'y trame via les nouveaux réseaux de création démocratisée ? Youtube, les blogs, Last.fm, MySpace, le web foisonne de formes d'art indépendant où chacun peut y trouver son filon et le suivre jusqu'à satiété. Bien sur, il faut faire un certain effort. Pour du tout cuit dans la bec, ingurgitez TVA. La culture de masse existera toujours sous une forme qui nivèle par le bas. C'est une condition sine qua non pour qu'elle soit rentable, c'est un principe économique. Mais n'allons pas jusqu'à décrier une corruption généralisée de l'artiste. Il y aura toujours place à un nouvel esprit créateur. Et lorsque ce dernier décidera de s'asseoir à son tour sur ses lauriers subventionnés, tournons simplement la tête vers un autre feu innovateur!
c'est moi la fanfare ? :P
sans joke, ce qui a permis aux artistes de créer un peu plus librement (i.e. sans être sous le couvert constant du clergé) c,est de travailler pour des laïcs et de commencer à vendre leurs œuvres à des imprimeurs.
ce qui permet aux artistes de ne pas être constamment sous le couverts des lois de l'économie et de la consommation (donc sous le joug du plus bas), ce sont des subventions.
ce qui permet aux pays de se construire une réputation, c'est aussi l'art. et le sport. et ses intellectuels. On le voit avec Céline, c'est pas nécessairement l'ambassadrice qu'on aurait choisie.
Bon texte Cost !!
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