<body><script type="text/javascript"> function setAttributeOnload(object, attribute, val) { if(window.addEventListener) { window.addEventListener('load', function(){ object[attribute] = val; }, false); } else { window.attachEvent('onload', function(){ object[attribute] = val; }); } } </script> <div id="navbar-iframe-container"></div> <script type="text/javascript" src="https://apis.google.com/js/platform.js"></script> <script type="text/javascript"> gapi.load("gapi.iframes:gapi.iframes.style.bubble", function() { if (gapi.iframes && gapi.iframes.getContext) { gapi.iframes.getContext().openChild({ url: 'https://www.blogger.com/navbar/6587768781294019684?origin\x3dhttp://quatremois.blogspot.com', where: document.getElementById("navbar-iframe-container"), id: "navbar-iframe" }); } }); </script>

4 mois

Plus que quelques semaines

Pupulle, philosophe du ventre

Pupulle le poulpe marchait insouciant d’un pas léger le long d’un sentier serpentant à travers les collines verdoyantes. Son esprit toujours alerte mais jamais à l’arrêt cogitait sur la composition soigneusement réfléchie, d’autant que fortement anticipée, de son prochain repas. Pupulle parcourait avidement ses options, salivant de l’une à l’autre et s’efforçant dans un exercice futile d’objectivité à comparer les qualités gustatives de chaque aliment selon une échelle de plaisir improvisée. Hélas! Quelle tâche… La raison de plus en plus confuse devant cet énorme éventail de possibilités, le processus s’embourba et l’issue devint de moins en moins évidente jusqu’à susciter une certaine frustration, qui fit place à une triste désolation. Pupulle, las et affamé, arriva devant sa maison, tira la porte, enleva ses huit chaussures et s’affaissa à sa table dans un long soupir affligé.

Perplexe, Pupulle pensa : comment se pouvait-il qu’un simple exercice d’anticipation culinaire ait pu évoluer en une réflexion aussi complexe, tarissant du même coup le plaisir sous-jacent normalement caractéristique de telles divagations. La faim coupée par l’esprit… La réflexion peut-elle ainsi nous égarer ? La raison est-elle condamnée à ternir le plaisir ? L’esprit dictateur gouverne-t-il la chair ? Quelles questions, bien sur que non! Comment pouvait-on concevoir cela? Le corps doit primer, au-delà et devant tout! La philosophie ne se constitue pas contre le corps, malgré lui et sans lui, mais avec lui. Ragaillardi, Pupulle se leva et proclama solennellement :

Que le corps soit « la grande raison » et que toute philosophie soit toujours l’autobiographie et la confession du corps, voilà ma devise!

Ensuite, il savoura son repas avec passion et volupté, heureux d’avoir ainsi rétabli l’équilibre entre deux concepts historiquement opposés et pourtant d’une même nature.

Bonheur propriétaire

Un flot de fiel gratuit lors d’un message récent m'a valu l'honneur d'un écho chez une amie distinguée, exprimé sous la forme d'un bref discours sur le bonheur. Le voici sur son blog.

Exercice très intéressant et propice à la réflexion. Je ne peux qu’être en parfait accord avec ce plaisir à l'émerveillement, cette magie bienveillante pour l'esprit - le "bonheur passif", pour citer l'auteure. Je suis moi aussi fortement impressionné et tout à fait ravi par certains hasards de la vie, par ce spectacle merveilleux d'impromptus absurdes. J'ajouterais même que c'est lors de ces moments incontrôlables d'irrationalité et d'imprévu que la vie devient plus savoureuse, plus authentique.

Par opposition, le contrôle et la morale – ainsi que les modèles d’accomplissement personnel - tous ces futiles suppôts de vérité m'apparaissent faux et sournois par leurs illusions. C'est pourquoi j'ai quelques fois tendance à ridiculiser les discours d'espoir et les recettes pour être heureux. Justement, parce que je crois fermement que notre existence n'est ni sur un mauvais, ni sur un bon chemin. Le futur de l'homme ne tend pas vers l'apocalypse ou la déchéance, non plus vers le paradis ou le bonheur éternel. L'homme chemine, tout simplement. Lui seul choisit sa voie, en récolte les épreuves et les érige en sagesse. Libre à lui de définir sa morale, ses actions et de devenir son propre idole! Bien entendu, ceci relève du potentiel propre à chacun. Loin de moi l’idée d'y adjoindre un mode d’emploi afin d’élever ce principe à la portée de tous et définir par le fait même une recette pratique du bonheur, ce que j’abhorre!

Bref, je n'ai peut-être pas la fibre altruiste ou la vocation d'un sauveur. Je ne crois pas que tout le monde soit un unique et magnifique flocon de neige. Chacun suit son propre chemin, en route il arrive que certains s'y perdent et d'autres s'y trouvent.

C'est ma vision. J'aimerais qu'on n'y perçoive pas un nihilisme isolationniste, mais plutôt une autarcie constructive, une sorte de genèse de la volonté propre. Car ce n’est qu’au crépuscule des dogmes sociaux, passée la désillusion du bonheur en douze leçons, que naît le moi souverain, libre et affranchi.